Archive | mars 2015

Miss Espoir sur Handinewlook

Miss Espoir« Etre handicapé n’est pas une fatalité. Les handicapés doivent prendre leur destin en mains. Ils doivent se battre et quant à la société, elle doit porter désormais un nouveau regard positif sur la personne handicapée ».

Artiste  chanteuse, initiatrice du projet cœur d’or et de beaucoup d’autres projets sociaux, femme battante, activiste et très dynamique malgré son handicap physique, l’artiste béninoise connue sous le nom «Miss Espoir » a accepté nous dire quelques mots pour clôturer ce mois dédié à la femme.

 Présentez- vous aux lecteurs de Handinewlook?

Enagnon Omonloto Ahmanda, je suis née le 24 Janvier 1980 à Porto-Novo. Artiste dès mon jeune âge malgré mon handicap physique, je fus entraînée, encouragée par mes aînées. Déterminée, je me mets au service des plus démunis. Des concerts aux prisonniers, aux malades mentales de Jacquot, je suis engagée pour un nouvel espoir dans la société.

Femme au cœur d’or, vous êtes aussi l’initiatrice du projet cœur d’or. Parlez-nous un peu de ce projet ?

En plus de ma carrière d’artiste, je milite pour la couche des enfants défavorisées.  L’idée est de rendre ces couches heureuses. J’organise alors les premiers dimanches de décembre, avec l’aide de mes pairs artistes, un concert dénommé Cœur d’or  dont l’entrée est conditionnée par un don. En effet c’est un concert pour la collecte de vivres qui sont distribués aux familles, enfants abandonnés et prisonniers.  La 4ème édition a eu lieu en Décembre passé

Quelles sont les raisons qui vous poussent à vous investir dans le social

Je fais du social car je sais ce que cela fait de se sentir seul.  En tant qu’ handicapée, je suis en quelque sorte une personne déshéritée. Et mes parents, à cause de mon handicap n’ont pas trop investi  sur moi. Je n’ai pas beaucoup étudié. Je les ai quittés très tôt et j’étais livrée à moi-même. J’apporte alors mon soutien et mon amour aux démunis pour leur donner du sourire. J’ai alors décidé de faire de grands concerts pour collecter des fonds et des vivres pour les enfants orphelins, les handicapés, les prisonniers et personnes se trouvant dans les centres psychiatriques.

 En tant que personne handicapée, quels sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de votre profession d’artiste ?

Dans ma profession d’artiste, les difficultés sont nombreuses. Je suis limitée dans mes prestations scéniques. Je ne peux pas danser et sauter comme les autres artistes. Je passe après les autres. Ce qui explique mon absence sur les grandes scènes du pays. Je suis souvent marginalisée.

Est-ce qu’il vous est arrivé d’être défavorisée ou déconsidérée à cause de votre handicap ?

Dans une société comme la nôtre,  défavorisé ou déconsidéré les handicapés est très courante. Je  crois que je ne fais pas exception. Les handicapés ont beaucoup de défis à relever et ceci depuis leur enfance.  Dans une  société qui les regarde comme  un être inutile,  il leurs faut se battre doublement pour mériter la place qui leur revient.  On ne t’engagera pas parce que tu es handicapé. Les handicapés sont très souvent marginalisés. Comme preuve palpable, c’est très courant de voir certains directeurs d’entreprises demander une photo complète des postulants. Les personnes handicapées sont automatiquement écartées. Un simple exemple personnel pour illustrer ce que je dis : on ne m’invite jamais à des concerts. Un autre exemple, certains refusent de me faire défiler au cours des soirées de défilés de mode.  Malgré que j’aime la mode et j’ai la taille, je ne peux pas défiler.

Nous clôturons le mois de la femme, avez-vous un mot à l’endroit de la femme ?

Je peux dire que je suis fière d’elle. De plus en plus, les femmes s’illustrent par leur présence remarquable dans les prises de décisions et leur rôle important dans le développement d’une nation. Nous devons continuer à nous battre

Que conseillez-vous aux handicapés qui se découragent ?

Aux personnes handicapées, je dirai de ne jamais se décourager, de ne pas être aigris étant donné que les gens nous considèrent autrement. Nous resterons toujours des personnes handicapées.

En tant que personnes handicapées, elles doivent se battre doublement même triplement si elles le peuvent, surmonter les regards négatifs de la société  et montrer leurs compétences. C’est en faisant ainsi avec l’amour qu’elles donneront qu’elles pourront espérer transformer le regard des autres. Avoir le courage et la force de le faire. C’est possible.

Votre mot de fin

J’invite tous les populations à changer leur regard sur la personne handicapée, lui donner la chance de démontrer ses compétences. A mes sœurs et frères handicapés, je leurs demanderai une fois encore de se battre, de se battre pour leurs rêves, de se battre pour leurs croyances, de se battre pour leurs futures.

Croyez en votre passion et persévérez

« N’est handicapé(e) que celui ou celle qui se croit handicapé (e). »amele

Amélé Atisso est une jeune togolaise de la trentaine qui consacre tout son temps libre à jouer au basket. Sa passion du sport est telle qu’aujourd’hui elle participe à des compétences internationales, voire même olympiques au sein de l’équipe nationale à laquelle elle appartient. En réalité, son amour du sport remonte à sa plus tendre enfance. Et ce plaisir n’a cessé de grandir quand arrivée au collège, elle regardait avec envie et tristesse ses camarades pratiquer le saut en longueur, la course ou le grimpé…depuis son fauteuil roulant. Eh oui ! Amélé fait partie de ces personnes qui depuis tout petit, n’ont jamais eu la chance d’avoir l’usage de leurs membres inférieurs. Pour ma part, cela ne m’a pas empêchée de faire des études et d’obtenir comme d’autres jeunes gens de mon âge une maitrise en Gestion des Ressources Humaines (GRH) à l’université de Lomé, mais je n’ai pas pour autant renoncé à ma passion.

Amélé n’a jamais perdu confiance en elle, elle a toujours eu espoir qu’un jour elle deviendrait une sportive professionnelle.

J’étais en terminale que j’ai appris au détour d’une conversation avec une amie que des personnes comme moi jouaient au basket à Lomé au sein de l’association pour la promotion du sport, des loisirs et de la culture pour les personnes handicapées. Je me suis empressée de connaitre l’adresse et d’intégrer le groupe », déclare-t-elle.Amélé n’a jamais perdu confiance en elle, elle a toujours eu espoir qu’un jour elle deviendrait une sportive professionnelle. Tous les deux ans, cette sportive accomplie participe aux jeux africains pour les personnes handicapées, avec la fédération togolaise de sport olympique.

“Nous avons souvent tendance à croire que la personne handicapée ne peut pas vivre comme n’importe qui et encore moins dans le domaine du sport. Aujourd’hui, le sport m’a fait connaitre d’autres pays grâce aux compétitions que je ne raterais pour rien au monde. En plus cela me maintient en forme”

Il n’y a pas assez de femmes handicapées inscrites dans cette discipline pour constituer une équipe féminine; hommes et femmes jouent ensemble. Une situation qui convient très bien à Amélé. « Je n’ai jamais été complexée étant parmi les hommes, au contraire je me bats pour garder ma place» insiste-t-elle. En effet, la jeune togolaise est contre l’élitisme et pense qu’elle n’a pas besoin d’un traitement de faveur parce qu’elle est une femme. Elle veut être traitée comme les hommes de son équipe. “Nous avons souvent tendance à croire que la personne handicapée ne peut pas vivre comme n’importe qui et encore moins dans le domaine du sport. Aujourd’hui, le sport m’a fait connaitre d’autres pays grâce aux compétitions que je ne raterais pour rien au monde. En plus cela me maintient en forme”.

«Pour réussir dans la vie, il faut avoir la volonté et ne jamais baisser les bras car la vie n’est pas facile. »

Unique femme à faire du basket en fauteuil roulant au Togo, Amélé pratique en plus du basketball, le tennis de table. Pour réussir, il faut retenir ceci: voir c’est savoir, vouloir c’est pouvoir , oser c’est avoir. Amélé l’a vu, l’a voulu, et surtout a osé pour avoir ce qu’elle a toujours voulu. «Pour réussir dans la vie, il faut avoir la volonté et ne jamais baisser les bras car la vie n’est pas facile. », conseille Amélé

Source : Unicef-Togo

Avoir un handicap physique n’est pas une fatalité, développez vos talents!

« Tout akokoest possible à qui rêve, travaille et n’abandonne jamais »

 Akoko FOLIBEY-SEBIO fait partie des étoiles montantes de la mode togolaise. Malgré son handicap physique, elle a su s’imposer dans un milieu en pleine évolution où la concurrence est plus que rude. Mais le parcours a été semé embûches.

« Quand j’étais enfant, j’utilisais déjà des béquilles mais je n’avais pas de camarades de jeux pour autant. J’étais la plupart du temps seule parce que je ne pouvais ni courir avec les autres ni marcher. Il m’arrivait de tomber et de m’offrir en spectacle, cela m’attristait alors je jouais toute seule à tresser les gazons sauvages qui poussaient dans la cour de l’école»

Atteinte de poliomyélite dès l’âge de 18 mois, elle a perdu définitivement l’usage de ses jambes. Les discriminations en tout genre dont elle a été victime en raison de son handicap ne l’ont pas empêchée de réaliser son rêve. Celui de devenir une styliste renommée.

«Cela a été un défi pour moi et je l’ai relevé»

Se laissant guider par son rêve, elle a quitté les classes pour s’inscrire en couture. Grâce à son amour pour le dessin, matière pour laquelle Akoko était très douée, et après quatre années de formation, elle a ouvert en 1995 son atelier de couture : «Crédaniah Coupe Nouvelle». «Cela a été un défi pour moi et je l’ai relevé» dit-t-elle avec fierté. Aujourd’hui la griffe Crédaniah avec sa touche originale est présente dans de nombreux défilés de mode dont ceux de l’entreprise Vlisco. Elle est d’ailleurs très sollicitée par une clientèle diversifiée qui a toujours été satisfaite de ses modèles. En plus de son amour pour son travail, elle a ce désir ardent de vouloir aider d’autres personnes handicapées à réussir leur vie. Cette dame de cœur tient aujourd’hui d’une main de maître, un atelier d’une vingtaine d’apprenties et ouvrières dont la plupart sont des malentendants. Akoko a fait preuve de courage et a réussi. Elle n’a laissé ni la paresse, ni les préjugés discriminatoires de son entourage influencer son parcours. Sa conclusion ?

« Tout est possible à qui rêve, travaille et n’abandonne jamais. Nous devons laisser de côté les préjugés que nous avons envers ceux qui sont différents et donner la chance à toute personne, qu’elle soit valide ou handicapée, homme ou femme de développer ses compétences et talents au service du pays. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, comme le déclare le premier article de la Déclaration universelle des droits de l’homme « .

Source : Unicef-Togo